La logistique s’est désormais fondue dans le concept de supply chain management, dont l’objectif est d’optimiser la gestion des flux physiques et des flux d’information tout au long de la chaîne logistique, depuis le fournisseur jusqu’au client final.
Par Hakim Erraji, Senior Manager Responsable pôle Supply Chain Sia Partners

Le supply chain management est devenu un enjeu majeur pour les entreprises, car il est à la fois une source d’économies (réduction des stocks, utilisation rationnelle des capacités) et un facteur de différenciation par rapport à la concurrence en termes de réactivité et de service client. En même temps, l’explosion de nouvelles technologies permet la mise en place de prestations innovantes. Par ailleurs, les entreprises se recentrent sur leurs métiers de base et se focalisent sur la création de valeur. Ceci les amène de plus en plus à externaliser leur logistique, voire leur supply chain.

Supply chain ou logistique : quelles différences ?
Nous remarquons qu’aujourd’hui la notion de supply chain est encore galvaudée et se limite à la logistique et au transport classique avec éventuellement un service complémentaire de transit et dédouanement. Or, la supply chain comprend toutes les activités liées aux flux et à la transformation des biens, depuis les matières premières jusqu’au produit fini livré à l’utilisateur, ainsi que les flux d’informations associés. Le maillon traité s’insère alors dans un système d’information global incluant, en amont, le système de prises de commandes du client et, en aval, le système des transporteurs.

Un marché en pleine mutation
Du fait du contexte économique actuel, le marché du transport et de la logistique s’oriente vers une personnalisation des produits en fonction des clients, un renouvellement accéléré des gammes et une exigence de service croissante : disponibilité, respect des engagements de livraison, SAV, multiplication des canaux de distribution, etc. Face à ces enjeux, les entreprises doivent remettre en cause leurs organisations, en décloisonnant les différents services. La supply chain doit être présente à tous les niveaux de l’entreprise, aussi bien au niveau opérationnel pour la gestion des flux physiques de marchandises par exemple, qu’au niveau tactique pour définir les organisations et piloter ces flux à moyen terme et au niveau stratégique pour définir les grandes orientations à long terme.
Si les technologies se développent à un rythme soutenu, l’information véhiculée ne correspond pas toujours aux attentes et aux besoins des utilisateurs et des opérationnels. Un meilleur équilibre s’impose donc entre technologie et satisfaction des besoins.

Les entreprises qui reconnaissent la « Supply Chain » comme un atout stratégique génèrent un Ebit* supérieur de 30 % à la moyenne avec quasiment deux fois moins de stock « Global Supply Chain Survey 2013 ».

Le supply chain manager, un métier d’interfaces et de médiation
Afin de coordonner les opérations relatives aux flux de matières, de composants, de produits finis, et d’informations, le supply chain manager doit assurer un dialogue avec tous les partenaires internes et externes de l’entreprise, dont les intérêts sont parfois divergents. Son rôle est donc celui d’un médiateur devant proposer des solutions optimales dans l’intérêt de l’entreprise. Sa position dans l’entreprise est souvent plus fonctionnelle que hiérarchique et nécessite de grandes capacités de management et de communication.

Les différents types de prestataires
Avec la mondialisation, les schémas logistiques sont devenus de plus en plus complexes. Manager l’ensemble des acteurs tout au long de la « Supply Chain » est donc un défi de taille. Le « 4 PL » ou « Fourth Party Logistics » est un prestataire qui aura pour mission de coordonner les différents acteurs de la chaîne logistique d’une entreprise. Cette notion s’oppose à celle de «3 PL» ou «Third Party Logistics ». Ce type de prestataire se verra confier la réalisation d’une partie plus ou moins étendue des activités logistiques du client. Enfin, l’intervention des « 2 PL » ne porterait que sur le transport et l’entreposage, et celle des « 1 PL » serait axée exclusivement sur l’un ou l’autre de ces deux métiers.
Quels que soient leurs marchés, la capacité à anticiper et maîtriser les actions d’adaptation et de changement est un enjeu crucial pour les sociétés industrielles et commerciales. Toute entreprise qui se base sur des prévisions prend d’importants risques face aux évolutions des innovations technologiques, c’est pourquoi il lui faut privilégier la flexibilité et la réactivité.